Les échos : "L’euro, bouc émissaire de la crise ?"


LE CERCLE. (par Eurocité) - 4ème édition des Etats Généraux de l'Europe - 10 mars 2012, Sciences Po Paris - Compte rendu de l'atelier 6 « L’euro, bouc émissaire de la crise ? ». Intervenants : Catherine Trautmann, députée européenne (PSE); Jérôme Creel, directeur-adjoint de l'OFCE ; Shahin Vallée, économiste à Bruegel ; Paul Mentré, ancien inspecteur des finances.

Lire la suite

Catherine Trautmann : L’Euro est un catalyseur symbolique lorsqu’il s’agit de comprendre la crise. En réalité, il ne s’agit pas seulement d’une crise financière, mais aussi d’une crise sociale et d’une crise de légitimité. Avec le nouveau traité budgétaire, plusieurs problèmes n’ont pas été abordés. Bien qu’il instaure un mécanisme pour sanctionner les déficits excessifs des Etats mémbres et qu'il institue le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), les conséquences sociales de la crise en Grèce sont ignorées.

Cette crise est l’occasion de débattre sur le périmètre de la zone Euro et sur la solidarité en son sein. Le MES doit être complété par une réforme de la BCE qui doit avoir les moyens d'intervenir contre la crise. On a aussi besoin d’une mutualisation de la dette par les Eurobonds. En ce qui concerne le budget européen, il doit être augmenté via une taxe sur les transactions financières. Une autre grande absente du débat est la croissance et l’investissement de long terme. Il faut soutenir le marché du travail et faire les efforts politiques nécessaires pour cela. L’euro a tenu bon, c’est un outil extraordinaire et indispensable ainsi qu’une arme pour la stabilité. Cependant, il faut aussi prendre en compte les effets sociaux et économiques réels de la crise. La confiance ne reviendra que si les citoyens pensent que les efforts pour sauver l’Euro ne les pénalisent pas trop.